Mettez pieds à terre ! est à l’origine du mot pied-à-terre. C’est la cavalerie qui, afin d’observer la situation descendait de sa monture. Cela devient plus tard le logement où l’on ne reste pas. C’est une ligne de maisons dessinées il y a quelques années qui m’a inspiré ce nom car les deux significations font, me semble-t-il, un certain écho aux problématiques de l’époque. Il devient en effet nécessaire de poser le pied à terre face aux injonctions du bâtiment et de ses cohortes de lieux communs, de se demander comment construire au mieux, avec quels matériaux, avec quelle mise en œuvre. Poser pied-à-terre afin de faire la bonne analyse en tout programme et en tout lieu pour dessiner un projet qui puise sa ligne dans sa contingence propre. Puis, penser que l’on ne demeure pas, que l’envie d’habiter est une méditation intérieure , un amour pour un lieu, pour un temps, un rêve qui séjourne dans notre esprit avant d’être lui-même habité. C’est sans doute dans cette  résonance que la notion de pied-à-terre produit une nuance de sens agréable, une délectation dans l’idée de vivre avec élégance et mesure, de la poignée de porte à la façade, des fondations à la géométrie des toitures.

WHY